Histoire de Mondoubleau

 

L’HISTOIRE DE MONDOUBLEAU

 

     Il y a 2500 ans, 3 tribus gauloises étaient installées dans les clairières et des cavernes de notre région. 2 d’entre elles avaient construit leurs huttes rondes dans 2 clairières près de la Grenne (près de la tannerie et près du pont de la route de Baillou). La 3ème habitait dans des grottes naturelles situées entre les 2 clairières, des sentiers reliaient ces villages. Les Gaulois défrichèrent une partie des immenses forêts qui recouvraient la vallée et les plateaux et ils cultivaient ces terrains. Ils passaient la rivière à gué pour aller défricher le plateau nord. Puis ils bâtirent des huttes carrées sur le plateau sud (place St-Denis).

      Ils utilisaient des armes et des outils de pierre polie qu’ils frottaient sur des polissoirs. Un polissoir à 8 rainures pesant 700 kg a été découvert près de la ferme du Pavillon vers 1860. Des haches en pierre ont été trouvées au même endroit. Puis les Gaulois fabriquèrent des armes et des outils en bronze et en fer. 

     Chaque année, les chefs des villages se réunissaient à Chartres qui était la capitale de la région. Les Gaulois adoraient de nombreux Dieux : le Soleil, le Tonnerre, Teutatès… Les prêtres ou Druides coupaient, en décembre, le gui avec une faucille en or. Ils tuaient des animaux et parfois des hommes en l’honneur de leurs Dieux. Le chef des Druides était élu chaque année et il était le chef du village. Les Gaulois établirent de larges chemins pour faire des échanges avec d’autres tribus installées à Choue, Cormenon et Baillou. 

      En 53 avant Jésus Christ, César arriva dans la région de Chartres, il vainquit l’armée gauloise et partit en Bretagne. Les Romains utilisaient les Gaulois pour réaliser des routes, des camps et des villes. La chaussée de César qui allait de Châteaudun au Mans, passait au nord de Mondoubleau. Des petites villes romaines furent construites à Sargé, Arville. Les soldats romains s’installèrent à la Raluère à 1 km de Mondoubleau. Parfois, les Gaulois se révoltèrent car les Romains leur faisaient payer beaucoup d’impôts. De nombreux gallo-romains sont devenus chrétiens, car vers 380, un moine, Saint-Martin, partit de Tours et vint prêcher le christianisme dans la région de Mondoubleau. Les premières cérémonies chrétiennes avaient lieu dans des grottes (près de la tour). Puis on construisit une église en bois (place du Marché). 

       Au Vème siècle, des Germains traversèrent notre région, d’autres y restèrent. Notre village fut pillé plusieurs fois. Des troupes de brigands parcouraient les campagnes. Les habitants demandèrent au plus riche propriétaire de construire une forteresse en bois entourée de fossés et d’une palissade. Une tour de guet fut édifiée sur une motte de terre. Ce propriétaire devint le 1er Seigneur et les gens lui donnèrent tout ce qu’ils possédaient pour pouvoir se réfugier dans la forteresse en cas de danger. Ceux qui habitaient sur la place St-Denis ou près de l’église vinrent loger près de la forteresse qui se dressait sur la place du Pâtis. D’autres forteresses furent bâties à St-Marc du Cor et à Beauchêne. Avec Charlemagne, l’ordre revint. 

     Vers 850, les Normands remontèrent les rivières sur leurs longs bateaux à voile et ils pillèrent plusieurs fois notre région. Le village de Baillou fut ravagé, incendié et presque tous les hommes furent tués sauf quelques-uns qui s’abritèrent dans la forêt. Mondoubleau fut attaqué plusieurs fois. La forteresse abîmée fut réparée et résista aux attaquants qui brûlèrent les maisons installées autour. Le seigneur Payen I Doubleau (820-880), à la tête d’une troupe de 600 hommes, chassa les Normands de Laval en 850 et de Falaise en 854. En récompense, il fut fait seigneur héréditaire. 

       Ensuite, la région fut pillée par les Bretons et des bandes de brigands qui parcouraient les campagnes. Il y eut aussi de nombreuses guerres entre seigneurs. 

       En 975, le Comte Eudes II de Blois conseilla à Hugues Ier Doubleau (954-1031), fils de Odon de Nevers et de Adèle de Vendôme, de remplacer la forteresse en bois par un château de pierre. Les travaux commencèrent peu après l’avènement de Hugues Ier en 975. Les plans furent établis par des moines. Les habitants ont transformé le plateau bombé en une plate-forme horizontale de 200 m de long et 10 m de large. La terre enlevée était rejetée tout autour ou entassée au-dessus de la motte naturelle pour la rehausser de 6m. Trois épaisses et hautes murailles furent érigées pour entourer le donjon, le logis du seigneur et les dépendances du château (logements des soldats et de certains habitants, écuries, granges, greniers, etc…) 

            Ces murailles avaient un chemin de ronde et des créneaux. Elles étaient entourées de fossés. Elles étaient en gré roux ou « roussard » retiré des carrières de Cormenon et Sargé. Les 3 portes possédaient une herse et un pont-levis fermait la cour du seigneur. 

            Une place d’armes ou Bayle (place du Pâtis) occupait le centre de la vieille ville. Elle était entourée de maisons, granges, greniers et écuries. Au XIIIème siècle, d’autres maisons virent le jour le long de la muraille nord. Le puits commun se situait au centre de cette place. La prison était la tour à droite du pont-levis en entrant. Au-dessus, se trouvait la salle des gardes et en-dessous, c’était l’oubliette. Geoffroy IV (1246-1248) agrandit la prison et fit un autre cachot dans la tour d’angle. Une digue barrait la rivière et formait un étang qui protégeait la muraille du nord. De nombreux souterrains reliaient le château aux fermes fortifiées des environs (la Maladrie, Rocheux, le Pavillon, Cormenon, etc…)  

La tour ou donjon ou « pot au beurre », d’une hauteur de 33 m, mesure 15 m de diamètre extérieur en bas, un peu moins en haut. Au sommet, 20 créneaux étaient recensés. A la base, les murs comptent 4 m d’épaisseur. Ils sont en cailloux de silex collés avec du « grison » recouverts de roussard. Trois plates-formes en bois partageaient la tour en 4 étages. Le 1er était sans ouverture vers l’extérieur. Au 2ème étage, soit à 8 m du sol, on pouvait découvrir la porte de la tour. Cet étage possédait 2 fenêtres et une cheminée. Au 3ème étage, se trouvait un petit autel. Le 4ème servait de chambres pour les gardes ; il était recouvert d’une terrasse. Ce château fort était presque imprenable.

 

L'intérieur de la tour

      Il y a peu de renseignements concernant les seigneurs de Mondoubleau avant 850. Certains croient que ces seigneurs étaient très puissants et qu’ils portaient les titres de : Comtes de Mondoubleau, Duc du Maine et Duc de Germanie. Ils auraient été les amis de Charlemagne et de ses successeurs. L’un d’eux aurait marié sa sœur Gervasie à Charlemagne et celle-ci aurait été la 10ème femme de l’Empereur. Les seigneurs de Mondoubleau furent souvent en luttes avec leurs voisins : les seigneurs de Vendôme, Montoire, Lavardin, Fréteval, Châteaudun, les Ducs du Maine, d’Anjou, de Normandie. Ils avaient le droit de battre monnaie, mais celle-ci ne devait circuler que dans leur fief. Hamelin de Langeais en fit circuler en dehors de Mondoubleau et ses voisins l’attaquèrent ; ils furent vaincus et le seigneur de Lavardin, fait prisonnier, fut jeté dans les oubliettes. 

Les seigneurs de Mondoubleau ont été des barons très pieux sauf Geoffroy IV qui chassa les moines. Sur leur blason rouge, il y avait un globe d’argent (ce qui signifie puissance) surmonté d’une croix (piété). Seul Geoffroy IV remplaça cette croix par une couronne de Duc à laquelle il n’avait pas droit. Ces seigneurs firent de nombreux dons aux églises et abbayes de la région : église de Sargé, abbayes de Tuffé, Vendôme, Le Mans, Châteaudun, etc… Hugues II donna toutes les dîmes de sa seigneurie à l’abbaye de la Trinité à Vendôme. Ces dons étaient inscrits sur des chartres signées par le seigneur et sa famille. 

Fulbert, évêque de Chartres, sollicita Hugues Ier Doubleau pour construire un monastère. En 1029, Hugues Ier fit construire dans la cour de son château, une chapelle (12,5 m sur 8,5 m) et un logis pour les moines (9,5 m sur 5,5 m). Deux fenêtres de cette chapelle donnaient sur les fossés et étaient constitués de barreaux. Six moines de l’abbaye du Mans vinrent vivre à Mondoubleau. Leur fonction étaient secrétaires aux seigneurs et instruisaient les enfants. Un fils de Hugues Ier était l’abbé de ce petit monastère. Le jour de l’installation des moines, Hugues décida que la ville porterait définitivement le nom du seigneur et s’appellerait Mons-Dubellus (la colline des Doubleau). En 1238, Geoffroy IV chassa les moines, abattit l’abbaye et la fit construire à Guériteau (près de Choue) pour obtenir son pardon. 

Trois seigneurs de Mondoubleau partirent en croisade : Payen II, Hugues III et Geoffroy IV. Ce dernier alla en croisade en Palestine une première fois. A son retour, il chassa les moines de son château et détruisit leur chapelle. L’abbé du Mans lui ordonna d’aller à Rome demander pardon au Pape et de retourner en Palestine. Geoffroy resta prisonnier des Arabes en Terre Sainte pendant plusieurs années puis il réussit à s’échapper. Il ramena d'une croisade en Palestine des étalons arabes qui améliorèrent la qualité des chevaux du pays : c'est l'origine de la très célèbre race de "chevaux percherons".

Deux Papes, Urbain II en 1092 et Pascal II en 1107 vinrent à Vendôme rendre visite à leur ami Geoffroy, abbé de la Trinité, une des plus riches abbayes de France. Les habitants de Mondoubleau allèrent à Vendôme à pied, en chantant et en priant ; ils voulaient voir le Pape. La croisade des pauvres gens passa à Cloyes. C’était une grande troupe d’hommes, de femmes et d’enfants, aucun n’arriva en Palestine. 

Odon Doubleau aimait beaucoup la chasse. Les seigneurs possédaient des réserves de lapins (ou garennes) dans des champs au sud du château. 

Hamelin de Langeais fut un grand ami de Guillaume le Roux, Duc de Normandie et roi d’Angleterre (successeur de Guillaume le Conquérant). Un seul seigneur fut en désaccord avec le roi de France Philippe Auguste qui attaqua et prit le château. Tous les seigneurs n’habitèrent pas le château.

Par des mariages et des héritages, les seigneurs de Mondoubleau agrandirent leur fief. A certaines époques, entre 1185 et 1320, ce territoire comprenait 3 seigneuries : Mondoubleau, Saint-Calais et Châteaudun. Souvent aussi, ces seigneuries furent séparées à la suite de partages entre les enfants des seigneurs. A l’époque de la féodalité, les gens étaient très malheureux. L’argent était rare, les seigneurs faisaient payer beaucoup d’impôts et s’appropriaient une partie des récoltes. Les épidémies de lèpre et de peste ainsi que les famines étaient nombreuses. La « Maladrerie » fut créée pour isoler les malades atteints d’une maladie contagieuse. Ils y étaient enfermés jusqu’à leur mort.

En 1163, Hugues IV supprima les corvées.

En 1406, la Baronnie (34 paroisses) fut vendue aux Bourbons (Comtes de Vendôme et ancêtres du roi Henri IV).

Le gouverneur Jean de Courcillon a bien organisé la défense de la forteresse contre les anglais à la fin de la guerre de Cent Ans. Aussi, pour le remercier, les Comtes de Vendôme lui firent construire une belle maison avec colombages vers 1460 : la maison du gouverneur

Ils firent également bâtir la Maison Baronniale au XVIème siècle (devenue l'hôtel du Grand Monarque en 1804). Mais en 1593, pour payer ses dettes de guerre (guerres de religion), le bon roi Henri dut vendre la Baronnie au Marquis d'Escoubleau.

Avant la révolution, Mondoubleau était une cité commerçante où l'on fabriquait des étoffes et du cuir. Elle était le siège d'un important Tribunal de Baillage.

En 1790, ce gros bourg devint pendant 5 ans chef-lieu de District (ou Sous-Préfecture) et il administrait 5 cantons et 34 communes.

Le donjon commença à pencher au XIXème siècle : Un fabricant de chaux avait acheté, après la Révolution, les fossés du château et il y avait installé 2 fours à chaux (sous les fenêtres de la chapelle). Pour retirer la pierre à chaux (ou marne), il creusa des galeries sous la tour qui se fendilla en 1802 et 1812. Puis en 1816, le côté sud du donjon s’écroula et en 1873, le côté nord s’effondra à son tour. De plus, les habitants enlevèrent les pierres des murailles et des tours pour construire leurs maisons.

Le château est classé monument historique depuis 1841 et 1910. Des témoins en ciment posés nous montrent que la tour est quasiment stable.

Aujourd'hui, les fabriques d'étoffe, les tanneries, les élevages de chevaux ont disparu pour laisser place à des commerces, des entreprises, des services et des usines (certaines sont installées à Cormenon, commune voisine). Le bourg médiéval est devenu une coquette cité où il fait bon vivre. Elle est la capitale du Perche Vendômois.

 

  

Les Maires de Mondoubleau 

 

Années de mandat Maires de la commune
Date de début Date de fin Prénom Nom de famille
1790 1791   DESTOUCHES, père
1791 1792   BUREAU
1792 1792   DETTE
1792 1795   LHERMITTE
1795 ?   BEAUSSIER, père
? 1800   BUREAU
1800 1802   BEAUSSIER
1802 1808   LEROY
1808 1815   BARBIN-QUENTIN
1815 1815   DEREST
1815 1816   BARBIN-QUENTIN
1816 1816   CHALMET
1816 1816   DESVAUX-LOUISIER
1816 1823   BARBIN-QUENTIN
1823 1829 Jean CHALMET
1829 1834 André DESVAUX
1835 1848 Vincent BUREAU
1848 1848   COURCELLE
1848 1864 François BEZARD
1864 1870 Charles DORE
1871 1876 François JONQUET
1876 1895 Jules LHOMME
1895 1896 Louis GIRARD
1896 1912 Auguste BRETHEAU
1912 1923 Gaston DRAMARD
1923 1931 Fernand DEMELLE
1931 1941 Prosper VADE
1941 1944 Louis FENU
1944 1965 Jean CHAUVET
1965 1983 Maurice POUSSET
1983 2001 Jacqueline DUMAS
2001 2014 Jean LÉGER
2014 Jean-Jacques GARDRAT